fbpx

Analyse : DÉTOUR – MICHEL GONDRY raconté par Michel Voukassovitch

Je vous invite aujourd’hui à goûter un savoureux gâteau, l’analyse du Détour de Michel Gondry.

Celui qui a commis cette gourmandise est un réalisateur qui mérite d’être connu et qui l’est déjà pas mal.

Le court métrage, qu’il nous propose, a une particularité toute technique.

Il est entièrement tourné avec un iPhone !

 

Ça commence bien ! Comme un exercice de style.

Pour un bon gâteau, il nous faut un bon Chef, en l’occurrence ici le réalisateur de cette douceur s’appelle Michel Gondry.

Il nous faut aussi de bons ingrédients, une bonne recette et une belle histoire.

Michel Gondry nous prend donc par la main dans ce film intitulé « Détour ».

 

Et sans détours je vous livre son secret.

Un bref retour en arrière vous conduira à l’époque de votre tendre enfance durant laquelle vous aviez deux amours : votre maman et votre doudou. Contrairement à votre maman, plus votre doudou était détérioré, sale, mal odorant, plus il contenait vos aventures passées et plus il s’inscrivait dans votre vie future. Il était témoin et promesse de tout.

Câlin, câlin quand tu nous tiens !

Sans votre doudou, point de salut ! Doudou perdu et vie foutue !

Dans cette histoire, car faire un film c’est avant tout raconter une histoire, le rôle emblématique du doudou héros est ici incarné par un vélo.

Plus exactement un petit tricycle.

Papa charge la voiture.

On va partir en vacances.

Elle ploie sous le poids des bagages et papa en oublie presque ce vaillant doudou.

Mais non ! Pour finir il le fixe au sommet du porte-vélos à l’arrière de l’auto.

Allez ! En voiture toute la famille ! Vive les vacances.

Au premier soubresaut, au premier nid-de-poule, le prévisible advient.

Le tricycle tombe sur la chaussée…

La voiture s’éloignera abandonnant son précieux chargement. Le doudou tricycle ne devra donc compter que sur lui-même pour, contre toute attente, faire sa vie, rouler seul vers l’horizon, vers la petite fille qui l’aime tant (ou pas) rencontrant des personnages étonnants, etc. etc. jusqu’au mot FIN.

 

Tout commence avec humour, musique et chanson.

La famille entonne : « Quand est-ce qu’on arrive, quand est-ce qu’on arrive… » tout en perdant son précieux chargement.

L’aventure peut commencer.

Tout est ici fantaisie et bonne humeur.

Le papa à sa fille très triste ne peut que dire : « Ce tricycle, tu es trop grande pour lui maintenant ».

Eh oui il faut grandir, comme ce doudou à roue qui maintenant va mener sa propre vie.

 

Dans ce film simple et efficace, il n’y a que de bons produits : des dialogues heureux, des chansons intelligentes, des rencontres attachantes, des séquences oniriques, une bande son travaillée et aboutie, des prises de vues originales et impliquées, une réalisation inspirée.

Bref, en deux mots : « c’est bien » ou encore : « bravo l’artiste ».

Michel Gondry nous conduit dans son univers très personnel.

On se laisse faire.

 

Ce que nous apprend l’analyse de ce film ?

C’est qu’on peut tourner efficacement avec un iPhone, comme on tourne avec une caméra classique ou même un appareil photo.

Ce qu’il apprend aussi, et surtout à ceux qui ne le savaient pas, c’est que l’appareil de prise de vues, qui bien entendu doit être qualitatif, n’est pas l’alpha et l’oméga d’un tournage.

Il est l’élément indispensable mais pas suffisant.

Ce qui compte aussi, c’est en plus de l’histoire, une belle écriture, une bonne réalisation, de bons comédiens, une équipe de tournage efficace, des mouvements pensés, des décors, des accessoires, une belle lumière, un montage irréprochable, une musique sur mesure… Et une bonne dose d’inventivité.

 

Je ne vais pas maintenant décortiquer chaque plan et chaque séquence pour en faire une analyse. Il y a des cours pour cela.

Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir ce film, pour ceux qui ne le connaissent pas encore

Et plus encore, je vous invite à ouvrir grand les yeux sur son making off

Ce film sur le film vous donnera une idée assez précise du savoir-faire et de la quantité de travail nécessaire à la réalisation d’un film simple comme un bon gâteau.

Pour le coup, si vous en retenez quelques idées de l’analyse, ce sera la cerise sur le gâteau.

Voilà, c’est fini.

Amis cinéphiles, réalisateurs en herbe, je vous souhaite une lumineuse journée dans les salles obscures.

À bientôt.

On vous aime.

 

Michel Voukassovitch

Laissez votre réponse

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.