Méditation de l’artiste

En quoi la méditation de l’artiste est-elle spécifique ?

L’artiste professionnel doit faire face à quatre difficultés principales:

1/ Le trac
Il peut être bon, mauvais, ou panique.

2/ Une concentration insuffisante
Les grands artistes sont tous doués d’un niveau de concentration très élevé.
Ils parviennent souvent à se concentrer très vite et à le rester longtemps.

3/ La déception
Ne pas être retenu après un essai peut causer de la frustration et du découragement.

4/ L’angoisse du vide
Lorsqu’il n’y a pas de travail, l’artiste peut se sentir inutile, penser que tout est fini et qu’il ne pourra plus jamais payer son loyer.

Aucune émotion n’est mauvaise en soi.
Les émotions et les pensées sont utiles si elles sont appropriées, en temps et en intensité.

Que peut apporter la méditation pour l’acteur ?

Le mot méditation est confus et inapproprié.
On dit: méditez cela pour dire d’y réfléchir.
Il existe de nombreux types de méditation.
Certains sont mystiques, parfois ésotériques.

Il vaut mieux utiliser le mot: détachement.

Méditer c’est chercher le détachement.
C’est prendre du recul par rapport à ses pensées et ses émotions.

La méditation permet à l’artiste de:

– faire la différence entre la réalité et une pensée de la réalité
– désamorcer une émotion étouffante en prenant de la distance.
– augmenter sa faculté de concentration

Nous allons ajouter une technique complémentaire: la cohérence cardiaque qui nous servira de fusible anti-panique lorsque l’intensité des émotions sera trop forte pour permettre la méditation.

Le trac

A l’origine, l’homme préhistorique a survécu en partie grâce au trac.
Lorsqu’un tigre à dent de sabre était repéré, une décharge d’adrénaline lui permettait de mobiliser la totalité de ses ressources en un temps très court.

Le bon trac, c’est celui qui vous permet de donner le meilleur de vous-même, de vous surpasser.

Maintenant, si le dosage est excessif, le trac peut devenir paralysant et déclencher des réactions physiologiques gênantes, tremblement, perte de mémoire, tics, etc.

La méditation permet le détachement et un meilleur contrôle de soi.

Mais, en cas de panique, un outil doit être utilisé en premier:

La cohérence cardiaque

Il s’agit de respirer d’une façon parfaitement régulière, car ce rythme se transmet au cœur et au cerveau émotionnel.
Cela permet le retour au calme, le retour au neutre.
Plus bas, vous trouverez la vidéo de l’application gratuite de cardiozen. (l’application est disponible sur http://www.symbiofi.com/fr/exercice_coherence_cardiaque)

Voici les explications du laboratoire Symbiofi:

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L’application est disponible sur http://www.symbiofi.com/fr/exercice_coherence_cardiaque

En savoir plus sur la cohérence cardiaque


2/ Augmenter sa concentration

Lorsque l’on regarde l’image par IRM du cerveau des personnes pratiquant la méditation, on observe l’accroissement de la densité du cerveau frontal. Le cerveau frontal détermine les facultés de concentration et de volonté.
(source Mc Gonigal, Université de Stanford)

Lorsque l’on médite, les pensées nous assaillent. C’est normal.
Alors, nous apprenons à les observer avec détachement et à revenir sur notre souffle.
Le désamorçage des pensées, s’appelle la dé-fusion.
Les pensées ne fusionnent plus avec la réalité, ce ne sont que des pensées que nous observons avec détachement.

La dé-fusion des pensées est la clé de la concentration

Lorsque le comédien travaille son rôle, de nombreuses pensées annexes vont venir tout naturellement le brouiller.
Savoir les gérer, les mettre à distance pour revenir à son rôle, vous permet d’atteindre l’excellence.
L’entrainement de la méditation est un outil puissant pour développer cette faculté.

Par ailleurs, dans notre vie moderne, notre cerveau est constamment bruyant.

La méditation, c’est un moment de silence où le bavardage incessant de la pensée peut se mettre en pause.

Après ce moment de silence, tout notre esprit est disponible, libéré, pour se concentrer sur ce qui nous importe vraiment.


3/ La déception

Lorsque nous ne sommes pas pris sur un casting, il est normal de ressentir une petite déception.
C’est un sentiment qui ne doit pas durer.

Mais souvent, nous faisons un amalgame.
Nous nous sentons rejeté, comme si notre valeur était remise en question.

Cette pensée est si convaincante que tout notre organisme y répond comme si c’était vrai.
Nous sommes alors tristes, stressés, abattus, découragés, parfois déprimés.

Et pourtant, il y a mille raisons qui font qu’un choix se porte sur un autre, sans que notre valeur n’y soit pour quelque chose.

Nous n’avons besoin de rien pour être valable.
Le jugement des autres n’a aucune incidence sur notre valeur d’être humain.
Le bonheur est à l’intérieur, pas à l’extérieur.
Soyons juste nous mêmes, en harmonie avec nos valeurs.

Le détachement nous permet de construire un bouclier qui nous protège des agressions extérieures.
Grâce à cette protection, nous ne sommes pas vulnérables au regard des autres.
On ne peut pas plaire à tout le monde, mais tout le monde peut plaire à quelqu’un.

Le détachement nous donne la sérénité d’être conforme à nos valeurs et à chercher le bonheur à l’intérieur.

Nous n’avons pas le contrôle des autres mais nous pouvons acquérir le contrôle de nous-même.

Par le détachement, nous apprenons à avoir un recul bienveillant avec nos pensées et à désamorcer les amalgames qui font souffrir.
Il est inutile de laisser vos pensées fusionner avec une réalité qui vous tourmente inutilement.

Pour changer la réalité, il suffit bien souvent de changer la pensée que l’on a de cette réalité.

Exemple: Mon appartement est mal rangé, il y a tout qui traine.
Mes enfants ne rangent rien, c’est infernal, ça m’épuise.
C’est un problème qui m’empêche d’être satisfait.

Aujourd’hui mon appartement est parfaitement rangé.
Je vis tout seul.

Pourquoi ne pas se dire qu’un appartement mal rangé c’est aussi une preuve de vie.
On est alors beaucoup plus détendu pour trouver une solution.


4/ L’angoisse du vide

Le travail de l’artiste est intermittent.
bernard blier
Bernard Blier était connu pour dire que sa carrière était finie, que plus personne ne voulait de lui, parce qu’il n’avait pas tourné depuis seulement trois mois !

Se poser des questions sur la capacité de son métier à vous faire vivre est une bonne chose, mais cela ne doit pas devenir exagéré et obsédant.

Ici encore, pour changer la réalité, il suffit bien souvent de changer la pensée que l’on a de cette réalité.

Ne pas mélanger, je ne travaille pas avec ma carrière est finie.

Ces distorsions sont fréquentes quand les pensées fusionnent avec la réalité.

Le détachement permet de remettre les pensées à leur place de simple pensée.

Un scénariste considère que chaque fois qu’il a un refus ça le rapproche d’un succès.
S’il faut dix refus pour un accord, alors les neuf premiers vous rapprochent du but.

Pourquoi ne pas prendre du recul avec les distorsions de nos pensées et les remplacer par d’autres qui nous rendent plus efficace et plus heureux ?


Exemple guidé de Christophe André


MÉDITATION GUIDÉE

 

Une fois installé dans une configuration confortable, nous allons nous concentrer sur la respiration. Pour aider à se concentrer, je peux me répéter : j’inspire ; je souffle ; j’inspire ; je souffle avec beaucoup de régularité. Et surtout je me concentre sur ma respiration.

Tout en restant attentif et régulier dans mon souffle, je peux prendre conscience de mes sensations corporelles. On appelle ça le scan corporel. Je passe en revue l’ensemble de mon corps et j’observe mes sensations, mon ressenti.
Parfois dans des moments de stress, je peux avoir des crispations au niveau du ventre ou d’autres parties de mon corps qui se contractent. J’en prends conscience. Je me dis « j’ai compris le signal, je n’en ai plus besoin ». Et je reviens à mon souffle : j’inspire ; je souffle ; régulièrement, toujours concentré.

Je peux également prendre conscience des sons qui m’entourent, à l’extérieur mais aussi à l’intérieur. J’entends le bruit de ma respiration. Je peux aussi entendre des bruits de digestion ou des bruits de mes battements cardiaques. Et je reviens à mon souffle : j’inspire ; je souffle ; régulièrement et je reste concentré sur mon souffle.

Ce qui est intéressant c’est qu’à un moment donné je vais partir dans mes pensées. Et c’est là que l’exercice commence, parce que je prends conscience du fonctionnement de mon esprit qui génère sans cesse des pensées. Ces pensées ne sont pas la réalité mais juste des pensées de la réalité. Ce sont des pensées qui viennent et qui repartent librement. Et toujours, dès que je prends conscience que je suis parti dans mes pensées alors je reviens à mon souffle et je me reconcentre.

De cette façon, pendant ce moment que je me consacre, je crée un moment de silence dans mon esprit. Un moment ou le processus de création de pensées permanent se met en pause et ou j’apprécie le moment présent. Où je n’ai besoin de rien d’autre que de respirer pour me sentir bien.

Cette pratique de gestion des pensées me permet de me détacher comme si j’étais observateur. Observateur à distance de ces pensées, de ces émotions que je confonds avec la réalité alors que ce ne sont que des pensées. Et ce processus j’en prends conscience et je l’observe avec bienveillance : c’est un phénomène normal. Et toujours, je reviens à mon souffle : j’aspire ; je souffle ; et de cette façon je suis plus fort et plus solide par rapport à toutes ces pensées qui me submergent et m’empêchent d’apprécier le moment présent.

Grâce à cet entrainement, je garde un recul et une distance par rapport à ce fonctionnement naturel de mon esprit qui crée toute la journée des pensées. Chaque fois que des pensées viennent dans mon esprit j’en prends conscience : je les observe et je reviens à mon souffle. Et je me reconcentre : c’est ça la méditation de pleine conscience.

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